Sitinoraiti, l’après-tsunami

Vous trouverez ci-dessous mon journal écrit en 2013 lors de mon voyage en Indonésie à l’Orphelinat Sitinoraiti

Sur l’île indonésienne de Sumatra, Sylvia Wilson-Millet a créé l’orphelinat Sitinoraiti suite au tsunami qui a ravagé ce pays asiatique en décembre 2004. Confiés à un couple d’Indonésiens, les enfants qui y vivent reprennent peu à peu confiance en eux et sont suivis jusqu’à ce qu’ils obtiennent diplômes et métiers

J’ai d’ailleurs réalisé l’année suivante un documentaire sur les 10 ans du Tsunami, la catastrophe du siècle, diffusé dans Zone interdite sur M6

L’objectif de Sylvia, la présidente : « Nous voulons surtout construire une maison d’hôtes pour que l’orphelinat puisse générer des revenus et en même temps offrir aux enfants un lieu où ils peuvent faire leur stage ».

Juillet 2013
Mon premier post est un remerciement a Sylvia Millet-Wilson la présidente de l’orphelinat où je me rends. Plus que l’orphelinat lui-même c’est la personne que j’ai choisie. Une femme qui m’a impressionnée de par sa force son courage sa détermination ses choix. Une femme généreuse qui en quelques jours a su me transmettre sa dévotion pour les autres, son âme, sa douceur. Je suis heureuse de l’avoir rencontrée a un moment clé de ma vie. Il n y a pas de hasard. Les choses arrivent quand elles doivent arriver. Le destin fait bien les choses. Il suffit de savoir regarder, écouter, observer. Dans ce monde il est vrai qu on se doit de rester vigilant. Il n’empêche il y a certaines rencontres qui demandent de laisser toute méfiance de côté. Merci à Sylvia de sa confiance alors qu elle ne m’a jamais rencontrée. C’est ça la magie de la vie !

4 août 2013
AffairesJe vous fais un petit récap des choses que vous m’avez apportées et que je vais emmener : habits, chaussures, grenouillères pour Putri, 1 an, des cahiers, stylos, crayons de papiers, feuilles, chemises en cartons, peinture, stylos feutres, colle, pour les jeunes étudiants de l’orphelinat, des tee-shirt pour les deux filles, des ballons à gonfler, des échantillons de dentifrices et crèmes hydratantes (données par la pharmacie)… et des petites babioles et peluches toutes mignonnes. Avec ces nombreux dons, ma valise est pleine ! Je vais donc en préparer une autre, plus petite, pour mes affaires. Avec Sylvia Millet-Wilson (la présidente) , on est ravie… merci les amis… ci-joint un aperçu, je n’ai pas tout déballé

 

 

5 août 2013

La date approche à grand pas. Hé oui c’est demain ! Le programme commence à se dessiner : Arrivée le 7 à Jakarta et départ le 9 pour l’orphelinat. 7 h de route + bateau pour y arriver. Comme vous pouvez l’imaginer, je suis impatiente. Qatar a refusé de faire un geste pour l’excédent, dommage, d’autant qu’aujourd’hui j’ai récupéré des pansements, et pas mal de choses médicales qui m’ont été données par une infirmière. Je vais me débrouiller. Déjà envie d’être là-bas pour apporter toutes ces choses qui j’en suis sure seront très utiles. Sylvia Millet-Wilson, la présidente de l’association suit de près ce périple qui s’annonce excitant et a organisé mon arrivée avec le manager de l’orphelinat. Bien sûr j’en profiterai pour faire découvrir l’île de Sumatra que je vais visiter l’idée étant surtout de partir à la rencontre de la population. Voilà mes amis, bonne soirée, je vais aller boucler ma valise. Bisous

6 août 2013

C’est parti pour 20h de voyage… Minimum. L’équipe de Qatar a accepté mes 10 kgs supplémentaires en soute. Je n’ai plus un seul millimètre de dispo dans mes sacs… Mais l’aventure c’est l’aventure.

7 août 2013

Pour vous qui vous avez succombé aux bras de Morphée cette nuit, de mon côté, j’avais oublié ce que voulait dire passer une nuit blanche : avec quelques frayeurs en plus. À quand des espaces aménagés pour jouer à des jeux de sociétés dans les avions pour passer le temps ? Ce serait pas mal. Rencontre très sympa avec ma co-passagère de la 1ère étape, Élise attachée de presse dans la mode. Idéal pour se soutenir mutuellement quand l’avion s’amuse à nous faire les montagnes russes ! Plus que 9h de vol ou encore 9h de vol, je ne sais plus, je suis dans un état second. Je pense d’ailleurs être la seule a porter une doudoune dans un pays où il fait 45 ° à l’ombre.

Me voilà enfin arrivée à Jarkarta ! J’ai toujours pensé que l’Australie serait une destination sur laquelle je n’irai jamais étant donné les 24h de vol. Quand je vois ce que je viens d’accomplir pour venir ici en Indonésie je me dis que oui tout est possible. Et vous qu’avez-vous déjà réalisé que vous pensiez ne jamais pouvoir réussir ? Ce groupe est constitué d’amis alors Racontez, partagez… Les vacances c’est fait pour ça aussi.

8 août 2013

Arrivé à Jakarta. Un autre monde une autre planète. Jakarta ou l’éloge de la gentillesse et de la lenteur. Là je dois dire que c’est l’aventure pure et dure. Après 20 h de voyage je pars pour 10 heures avion+ voiture + bateau sans avoir dormi depuis mon arrivée. La compagnie que je prends est sur liste noire et j’avoue je suis un peu flippée. On a le droit d’avoir un peu peur juste un peu. Allez le meilleur est à venir.

9 août 2013

Me voilà enfin arrivée a Sitinoraiti. Apres 30 h de voyage. Cet endroit se mérite. Pays magnifique, des gens d’une gentillesse extrême et les enfants de l’orphelinat que je verrai beaucoup plus demain sont extrêmement attachants. Déjà!!! ! Sylvia Millet-Wilson tu as créé un très bel endroit et je suis admirative de ce que tu as entrepris pour eux.

10 août 2013

Après-midi détente avec les enfants. Au programme, vos cadeaux distribues, ils vous disent Terimakasi – merci, chants

Je vous réserve une surprise d’ici quelques minutes : ballade, petite pause glaces, des vacances au bout du monde dans un orphelinat ou nous avons la chance de faire les mêmes activités que tout a chacun. Une maison magnifique, un endroit paradisiaque au bord du lac Toba. Si
ce n’est pas le paradis ça lui ressemble.Enfants marché

 

 

 

 

 

 

12 août 2013

A venir une très belle chanson de Misieli dédicacée a Sylvia Millet-Wilson, Pdte de l’association et qui fait tant pour « SES » enfants. Sylvia mène aujourd’hui un autre combat et nous sommes de tout cœur avec elle.

Messiely chant

12 août 2013

Orphelinat de Sitinoraiti/Indonésie : Messiely, un talent a découvrir ! Si vous aussi vous aimez sa voix, likez. On trouve parfois dans des lieux improbables des talents caches. Ce jeune indonésien a perdu sa famille dans le tsunami de 2004. Dans sa voix on y retrouve son passe, son vécu. Ecoutez c’est très émouvant. Je pense l’inscrire a The Voice Indonésie. Qu’en pensez-vous ?

Apres quelques jours a l’orphelinat de Sitinoraiti, je commence a prendre mes repères. Avec les enfants nous prenons chaque jour a mieux nous connaitre. Je vous les présente : Angel Mike et Leni les trois filles, Bono, Misieli, Arifin les garçons et Darman le plus petit. Le contact s’installe peu a peu. Ça prend du temps car nous avons besoin de nous apprivoiser les uns avec les autres. Mais voilà, je les considère déjà de ma famille, comme des petits frères et petites sœurs dont il faut prendre soin, tant ils sont attachants. Je les considère déjà de ma famille, comme des petites frères et petites sœurs dont il faut prendre soin, tant ils sont attachants.

Enfants repas

Sortie au restaurant avec les enfants. Moment de détente tous ensemble. Plat traditionnel excellent même si je préfère la cuisine de July, qui gère l’orphelinat avec Ganda, son mari. C’était d’ailleurs l’occasion pour eux aussi de faire un break, de se faire servir, chose qui ne leur arrive qu’exceptionnellement. Cette soirée nous a permis d’évoquer avec les enfants leur avenir professionnel ; médecin, policier, directeur financier, tous ont déjà une idée précise du métier qu’ils souhaitent exercer. Il n’en tient qu’a nous de les aider a réaliser leurs rêves.

 

 

13 août 2013

Et pour se construire un avenir professionnel, le chemin le plus facile : les études. Une grande partie des soirées a la maison est consacrée aux devoirs. Un rituel quotidien qui se déroule dans le calme. Ambiance studieuse.

Ce matin, Bono s’est lève avec un orgelet. Au bout du monde, sans cabinet médical a l’horizon, il faut savoir s’improviser docteur. Comme diraient les garçons ‘doctor Myriam’ a donc pris les choses en mains. Dans mon super trousse de pharmacie spéciale voyages, j’avais du collyre vitabact. Je lui ai donc mis ‘une goutte’ selon la notice. Moment périlleux car Bono n’a semblé-t-il pas l’habitude. On a tous vécu cette première fois a se demander si on ne va pas se bruler l’œil… Au bout d’une demi-heure entre fou-rire et moments de pause pour le rassurer, on a fini par y arriver Si vous avez une meilleure idée que le collyre, je suis preneuse mais a priori c’est le médicament le plus adapte non ?

Bono oeil

 

TravailMoments de complicite ce matin avec mes petits freres de coeur Misieli et Bono au moment du ramassage de feuilles, activite quotidienne de la maison. Je comprends mieux pour quelles raisons les responsables de ‘missions humanitaires’ nous demandent une disponibilite de 3 semaines minimum. Je commence seulement au bout d’une semaine, a participer aux activites de la maison, le temps d’etablir une relation de confiance avec les enfants. Meme en etant tres motivee, les enfants eux, ont besoin de ce temps pour accepter de partager leur quotidien avec vous. Au vu des photos vous voyez que le premier pas est franchi.

 

Il est temps pour moi de remercier le couple qui veille sur les enfants depuis plus de 8 ans, Ganda et sa femme Yuli. Sylvia Millet-Wilson, la présidente leur donne une confiance totale et on comprend pourquoi. A travers eux, j’ai découvert toute la culture indonésienne : cette gentillesse légendaire qui les caractérise, cette éducation ou les enfants sont extrêmement bien éduques, polis, travailleurs, respectueux. Je suis admirative de ce couple si dévoue qui apprend aux enfants a devenir indépendants. Une mention très spéciale pour la cuisine de Yuli : simple, saine avec de telles saveurs qu’il est fort probable que je revienne avec quelques kilos en plus. Je me ressaisirai une fois à Paris, promis, mais là c’est plus fort que moi. Je suis incapable de résister à un tel délice.

CouplePlats

 

 

 

 

 

Soirée devoirs avec les filles : anglais avec Micke, lecture avec Angele et anglais débutant avec Leni. Un super nanny version indonésienne soitun mélange de douceur et de fermeté. Une heure de concentration intense. Apres l’effort le réconfort. Sur les photos, Micke, la plus difficilement approchable à qui j’ai enfin pu mettre sa mèche de
Ecolerrière les cheveux. Ça parait anodin dit comme ça mais croyez-moi, il a fallu du temps et de la patience pour nouer un contact avec elle. C’était la plus méfiante et la plus distante de tous. Alors quand ce soir elle m’a demande combien de temps je restais, à travers ce message qu’elle m’a écrit, c’était là le plus beau cadeau qu’elle pouvait me faire. J’en avais les larmes aux yeux

 

 

14 août 2013

Réveil chaque matin entre 5h et 6h à Sitinoariti. Chacun des enfants démarre sa journée avec un planning précis : préparation du PDJ, mise en place de la table, vaisselle, ménage, rangement. En Indonésie, les parents voient leurs enfants comme une source additionnelle de revenus, et n’envisage pas l’école comme quelque chose de nécessaire. Alors que dans cet orphelinat, le système éducatif mis en place est un élément essentiel dans la vie des enfants. L’objectif des responsables étant de leur montrer que malgré leur douloureux passe, ils peuvent prétendre à un meilleur futur et être un acteur de leur avenir. Pour parvenir à cet objectif, l’association a besoin de nous, que ce soit pour parler de l’orphelinat, passer du temps ici sur place et bien sur, toute aide financière si minime soit-elle est la bienvenue (le financement de cet orphelinat dépend uniquement de donateurs prives). Si vous avez envie de contribuer a assurer un avenir à ceux devenus mes petits frères et sœurs de cœur, n’hésitez pas à contacter Sylvia Millet-Wilson la présidente.

Mickey

15 août 2013

Notre petite Leni, 12 ans si douce. Je l’ai accompagnée à l’école et les enfants m’ont demandé si j’étais sa maman. Un moment très délicat. Les enfants parlent avec le cœur et même si ça semble facile, comment répondre ? les enfants peuvent être maladroits mais nous aussi adultes, commettons souvent des impairs. J’ai opté pour le plus simple : ‘Je suis sa tante ». La réponse a semblé les satisfaire. Au fond je n’ai pas menti, je me considère comme leur grande sœur, et aussi leur tante de cœur, alors peu importe, l’important est d’être a 100% présente pendant mon séjour et vivre à fond cette expérience.

Mini

Quel que soit l’endroit où vous vous rendez, les enfants sont partout et très curieux. Vous venez de France ? Ils sont capables de vous donner tous les noms des joueurs de foot français, les plus connus étant Bezema, ‘Beckam’ et en 3eme position Zizou. Ce rendez-vous chez la coiffeuse (he oui même dans un orphelinat, on continue a prendre soin de soin pour montrer l’exemple aux enfants), s’est transformé en cours d’anglais. Nous avons passé en revue l’alphabet, les jours de la semaine, les mois et les formules de politesse. Il en faut de peu pour que je m’installe ici avec tout ce qu’il y a entreprendre. Il ne faudrait pas m’y encourager Comme dirait Sylvia Millet-Wilson, la présidente de l’association, tout est a faire ici en matière d’éducation mais pas que…

Enfants

Messiely Zega : Un le plus âgé de l’orphelinat, 19 ans. Dans quelques jours il quittera Sitinoariti avec Bono pour commencer un cursus de médecine à l’université de Jakarta après avoir passé 4 ans à l’orphelinat. Sylvia Millet-Wilson, la présidente, a décidé après le tsunami de 2004 de créer cette maison pour les enfants victimes de cette tragédie. Si j’ai décidé de venir ici, c’est que j’adhère complètement a sa philosophie à savoir : recueillir peu d’enfants et les accompagner jusqu’a ce qu’ils prennent leur envol. A Jakarta, Messiely sera pris en charge par un autre donateur qui prend le relais jusqu’a ce qu’il termine ses études. Sa passion est la chanson et je vous ai déjà fait découvrir l’une d’entre elles. Quand on voit son sourire sur la photo on se dit que toute l’équipe d’encadrement a réussi son challenge. Toutefois, il reste encore 6 enfants à la maison et on espère que d’autres viendront un jour agrandir la fratrie, car ils sont nombreux à avoir besoin de cette structure. — avec Messiely Zega.

15 août soir 

Voilà, c’est déjà la fin de ma mission a l’orphelinat de Sitinoraiti. Après-midi au marché du village pour offrir un cadeau à chacun des enfants grâce à vos dons ; jeans, chaussures, tee-shirt…Ils se sont fait plaisir. Le départ demain sera très certainement émouvant mais ce n’est qu’un au-revoir. Merci à tous de m’avoir suivie. Je continue l’aventure sur les chemins les moins fréquentes d’Indonésie pour partir à la rencontre des autochtones et découvrir leur culture, leurs traditions.

Famille

16 août 2013

Arrivée à Tuk Tuk village sur Samosir Island – lac Toba (seulement 1h30 de l’orphelinat situé à Pangururan). Les enfants toujours dans ma tête et dans mon cœur. Je ne pense déjà qu’à une seule chose, retourner les voir avant mon départ. Simplement les distances sont si grandes entre chaque ville que je ne sais pas encore si cela sera possible. Je vais faire le maximum !

18 août 2013

C’est le départ, c’est trop court, c’est trop juste, c’est trop dur, je crois que ça se passe de commentaires. Au revoir mes petits frères et sœurs de cœur, l’aventure ne s’arrête pas là, comptez sur moi, sur nous tous.

Les chiffres 2012 de Sitinoraiti 

Capture d’écran 2016-02-29 à 17.47.53

 

 

Laisser un commentaire