Voyage à Sarayaku – Equateur

Histoire
Le peuple Kichwa de Sarayaku vit sur les berges du fleuve Bobonaza, dans la province de Pastaza en Équateur. Depuis toujours, il dépend des ressources de la forêt tropicale, la chasse, la pêche, et la culture de fruit et légumes sur 135 000 Ha que représente leur territoire.. Depuis trois décennies, les habitants de cette communauté s’opposent et résistent pacifiquement aux menaces de déforestation, aux intimidations des compagnies pétrolières et aux tentatives de destruction de leur culture et de leur environnement.
La communauté a dit Non au pétrole : Ce peuple millénaire, qui se réduit aujourd’hui à 1500 personnes, luttera jusqu’au bout pour défendre son patrimoine et ses traditions.

Je me suis rendue à Sarayaku, après une rencontre des représentants de ce peuple venus plaider leur cause à la Cop 21. J’ai eu envie d’en savoir plus sur l’incroyable histoire de cette communauté de 1500 Kichwa, au milieu de la forêt équtaoriale, qui a réussi à faire reculer les compagnies pétrolières et à empêcher le gouvernement d’exploiter ses terres. Ce que j’ai découvert à Sarayaku, ce n’est pas seulement une communauté qui défend son territoire., mais des hommes et des femmes convaincus que leur mode de vie, profondément lié à la nature, est l’exemple à suivre pour stopper le réchauffement climatique. Ils ripostent en mettant en avant une vision anti-capitaliste appelée sumak kawsay-Kichwa (le « mieux vivre ») pour vivre en harmonie avec la nature qui, insistent-ils, possède des droits qui méritent d’être protégés.
Si vous avez envie de vous rendre à Sarayaku, si vous vous intéressez à cette communauté vous trouverez ci-dessous les projets pour lesquels ce peuple a besoin de notre aide
Activités à Sarayaku
Ce voyage est l’occasion de vivre une expérience unique au cœur de la jungle amazonienne. Vous sortiez des sentiers battus, vous vous déconnecterez d’internet (la seule connexion se trouve au bureau du village), de la voiture, des horaires. Vous vous rendrez compte combien il est parfois important de débrancher et de se rapprocher de la nature.
Participez à une autre façon de sensibiliser le monde et ses institutions, découvrez une autre culture, une autre façon de vivre aux côtés des gardiens millénaires de cette richesse naturelle qu’est la forêt amazonienne.
Pour ma part j’ai vécu une aventure fascinante et inoubliable !
Quelques activités proposées :
- Expédition dans la forêt, sur des zones plantées de palmiers wayuri qui servent à la construction des habitations
- Randonnée jusqu’à la “Colline du singe” qui abrite un des maillons du Sisa Ñampi, Chemin de fleurs, appelé aussi Frontière de Vie, un projet de conservation et de préservation de l’écosystème naturel
- Découverte du village, de la place centrale, de la maison de l’Assemblée, de la seule église catholique qui date de l’époque des Espagnols
- Balade en pirogue jusqu’au croisement des fleuves Sarayakillu et Bobonaza.
- Voyage en pirogue jusqu’à l’arbre sacré d’Uchuputu Ruya, le plus vieux d’Amazonie équatorienne (1 heure de pirogue)
- Pêche et baignade
Tous les guides sont membres de la communauté et connaissent parfaitement la forêt. Ils savent manier des canoës, la machette, identifier les plantes, les lianes, les fleurs, les arbres, les animaux, les chemins. En plus de leur langue, le Quecha, ils parlent parfaitement l’espagnol.
Hébergement et repas
Des tentes sont à la disposition des voyageurs dans des grandes maisons traditionnelles montées sur pilotis, Avant de partir, je m’imaginais dormir en pleine jungle au milieu des animaux de la forêt ou dans une baraque tout seule. Pas du tout ! Vous serez logés dans un village, sous une tente préparée pour vous ou dans une maison sur pilotis.


Les Sarayaku vivent en autosuffisance. La nourriture provient directement des potagers : fruits, palmiers, champignons, bananes, yuca, les poissons de la rivière sont pêchés le matin et servis dans votre assiette le jour même. Le gibier est chassé dans la forêt.
Il n’y a que l’eau qui arrive de l’extérieur. Les bouteilles seront acheminées en même temps que vous en pirogue ou en avion.
Les sanitaires :
- Les toilettes sont les mêmes que chez nous. La seule différence, c’est que ces toilettes sont à l’extérieur des maisons. Attention donc la nuit : vous devrez traverser un petit champ. Il est donc impératif d’avoir votre lampe torche avec vous
- Pour se laver, vous avez le choix : directement dans la rivière comme j’ai pu le faire ou alors dans une cabine de douche en plein air.
Conseils aux voyageurs
Pour la vie de tous les jours : Tongues et bonnes chaussures qui ne craignent pas la boue, des T-shirts et des pantalons légers. Couvrez-vous les jambages pour éviter les piqures de tous insectes et les morsures de serpent. Prévoyez un spray anti-moustique.
Des jumelles et une lampe de torche de préférence frontale pour avoir les mains libres sont indispensables .
Vu ce climat humide, réfléchissez avant de sortir votre matériel électronique et photographique. L’idéal est d’acheter une coque étanche pour votre téléphone et matériel. Mon mobile a tenu le coup grâce à sa protection waterproof.
Les bottes et capes de pluies sont fournies sur place.
Véronica de l’agence Papangu vous enverra un mail avant votre départ pour lister toutes les choses à apporter
N’apportez rien qui ne puisse sécher rapidement. L’humidité est telle que tout met beaucoup de temps à sécher
Une fois sur place : demandez toujours avant de toucher les plantes ou les animaux
Ne prenez pas de photos sans leur permission.
Ne jamais marcher pieds nus.
Descriptif du projet solidaire
Vivre quelques jours au sein de cette communauté vous permettra de la soutenir dans sa lutte pour sa survie et la pérennité de sa culture traditionnelle. Une culture que vous découvrirez dans tous ses aspects, écologiques, sociaux culturels et spirituels. La communauté développe plusieurs projets :
- Le projet Tayak, qui comprend trois aspects :
– Le centre Sasi Wasi : lieu sacré pour le maintient des pratiques médicinales religieuses, de connaissances et de savoirs des Hommes Kichwa de la forêt.
– Tayak Wasi : centre d’enseignement et d’apprentissage et de revalorisation des connaissances ancestrales.
– Le Sacha Ruya : son jardin botanique pédagogique : Cet espace a été aménagé pour protéger la biodiversité, faire pousser les arbres à fleurs et les plantes nécessaires pour fabriquer des médicaments au centre de santé
2. Projet frontière de vie : des fleurs contre le pétrole
Pour marquer leur détermination à empêcher la destruction de leur forêt et de leurs valeurs, les habitants ont commencé à créer, à la limite à leur terriroire, sur une distance de 30 kms de long, une ligne-frontière symbolique. Tous les trois kms ils dégagent une vaste clairière et plantent des arbres à fleurs et des arbres fruitiers, des arbres de vie, qui attirent les animaux et entretiennent la biodiversité.
Dans quelques années, cette « frontière » sera totalement dessiné. Ses tâches de couleurs seront visibles depuis le ciel, livrées comme un message à l’humanité.
C’est en vivant au sein de la communauté que l’on peut réellement découvrir et comprendre le mode de vie dans la forêt amazonienne, sa culture, les secret de sa médecine, la pratique de la pêche et de la chasse de l’agriculture, sa cosmovision, sa lutte pour survie, la défense de son habitat et de son territoire, sa vision de la nature et sur le monde.
Développer ce tourisme solidaire leur permet de financer leurs actions.
Santé
En cas de problème de santé, Sarayaku dispose d’un petit centre de santé avec une médecin au coeur du village. Je m’y suis rendue car j’avais des aphtes avant mon arrivée. le médecin m’a donné un produit pour me soulager
Pour les petits bobos, les Sarayaku se servent de leur médecine traditionnelle, des préparations à base de plantes ramassées dans la foret tropicale. J’ai testé pour vous un antibiotique naturel pour soigner mes aphtes. Il a marché !!

A Sarayaku, vit, Sabino Gualinga, 90 ans, C’est le plus vieux chaman d’Amazonie. Chaque village d’Amazonie a son chaman, un homme respecté par les habitants, qui viennent le voir lorsque la chimie des médecins du dispensaire ne suffisent pas.

Sécurité
A Sarayaku, personne n’entre sans une autorisation préalable. Dans ce village de 1500 habitants, les visiteurs doivent demander l’autorisation au président du village avant de se rendre sur place. Le but n’est pas d’interdire aux visiteurs de se rendre sur place, bien au contraire, nous sommes les bienvenus, mais de connaître leurs motivations… d’où une sécurité maximale dans cette région
Combien ça coûte
Hors transport comptez environ 500 euros par personne pour 4 jours
Transport en pirogue : environ 150 euros à partager par le nombre de personne
Transport en avion : 225 euros à partager par le nombre de personne
Comment y aller

Depuis la capitale Quito, vous prendrez un bus à la gare routière pour vous rendre à Puyo. de nombreux bus, toute la journée circulent toute la journée. Le prix est de 7 euros environ. Le voyage dure 5 heures. Préparez les appareils photos, caméras, le paysage est magnifique. Petit conseil, si vous êtes fatigué(e), prenez des boules quines avec vous. La télé est allumée en permanence et les chauffeurs ont tendance à mettre le volume assez fort. A chaque arrêt des vendeurs ambulants montent dans les bus pour vous proposer des boissons, des bananes….
Une fois à Puyo, rendez-vous à l’agence Papangu. Vous réglerez tous les détails avec Véronica qui vous fournira des bottes et une cape de pluie…
Vous resterez peut-être une nuit ou deux à l’hôtel de votre choix. Ou vous partirez directement à Sarayaku.
Si vous avez choisi la pirogue comme mode de transport
Départ de Puyo pour le lac Bobonaza. 2 heures en taxi avec votre accompagnateur certainement Gerardo Gualinga, responsable des voyageurs à Sarayaku. Vous embarquerez ensuite dans une pirogue motorisée pour une traversée de 5 à 8 heures selon les conditions météos
Si vous avez choisi l’avion comme mode de transport

Vous vous rendrez à la ville de Shell, à 20 minutes de Puyo ou l’avion vous attendra. Oui vous avez bien lu « Shell ». j’ai cru à une blague. Non, la ville tire son nom du groupe pétrolier Shell, qui s’est installé là il y a un demi-siècle. Vous monterez à bord d’un Cessna à quatre places. Comptez environ 25 minutes de vol. La vue panoramique sur la forent amazonienne est sublime.
Qui contacter ?
Papangu, l’agence de voyage des Kichwa de Sarayaku : contactez Véronica : papanguturismo@yahoo.es
ou José Gualinga, ex-président de Sarayaku ,de 2011 à 2014 : shamungay@yahoo.es – José parle français












