Sarayaku, un état dans l’état

Chez le peuple Sarayaku,je vis de l’intérieur sa lutte quotidienne contre les sociétés pétrolières. J’arrive au moment d’une grande assemblée générale. La communauté va se réunir pendant 5 jours à l’intérieur d’un édifice ovale recouvert d’un toit de chaume. Tout le village est mobilisé, femmes et enfants compris. Les Sarayakus ont un véritable un état dans l’état, composé d’un président et de 15 ministres. Chaque village de la communauté a son propre maire. La réunion d’aujourd’hui est dirigée par le président Félix Santi et ses ministres.

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José Gualinga m’explique le fonctionnement de sa communauté : « Le gouvernement ne peut pas être déconnecté du peuple, il en fait partie. Il ne sert qu’à appliquer les décisions prises par l’assemblée qui regroupe aussi bien les femmes que les jeunes ou les sages« . José Gualinga, Président de Sarayaku de 2011 à 2014, a amené sa communauté devant la Cour interaméricaine des droits de l’homme. Dans son jugement, la cour a notamment exigé que les dirigeants équatoriens présentent des excuses à Sarayaku.

Il y a beaucoup de choses à discuter. Depuis plusieurs années, le territoire est menacé : déforestation massive, invasion de l’agriculture moderne et de ses engrais, pesticides et autres toxines ou encore urbanisation croissante. Il est urgent de sauver ce paradis terrestre en danger. L’Assemblée envisage différentes façons de réagir.

Le peuple Sarayaku fait figure d’exemple dans le monde indigène. Il est devenu le symbole de la résistance dans toute l’Amérique latine.

Chacun peut s’exprimer librement, en Quecha la langue des Sarayakus, et parfois en espagnol qu’ils parlent parfaitement.

Depuis janvier 2016, le peuple Sarayaku est de nouveau confronté à une nouvelle vague d’expansion pétrolière, elle menace la forêt et ses habitants. Le combat continue plus que jamais.

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